Kita, 8 juin 1951. Limoges, 30 novembre 2013. Écrivain et romancier malien, dramaturge, premier écrivain-éditeur du Mali.
Né à Kita en 1951, au cœur de l’ancien empire du Mali, Moussa Konaté grandit dans une langue de récits et de proverbes qui marquera toute son écriture.
Diplômé de lettres de l’École normale supérieure de Bamako, il enseigne quelques années avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Son premier livre, Le Prix de l’âme(1981), ouvre une œuvre traversée par une question constante : comment rester soi-même entre tradition et modernité.
En 1997, il fonde les Éditions du Figuier et devient le premier écrivain-éditeur du Mali. Convaincu que le savoir doit circuler dans les langues du pays, il publie en bambara, peul, songhaï et soninké des contes, des manuels et des ouvrages pratiques destinés au monde rural.
C’est aussi le temps du commissaire Habib. Dès 1998 au Figuier, puis chez Gallimard avec L’Assassin du Banconi, suivi de L’Honneur des Keïta, puis L’Empreinte du renard et La Malédiction du lamantin, Konaté fait du roman noir une enquête sur la société malienne. Le genre lui offre un miroir lucide, jamais complaisant.
Cofondateur, avec Michel Le Bris, du festival Étonnants Voyageurs de Bamako en 2001, il fait de la capitale malienne un carrefour des écritures du monde. Son théâtre, couronné par le Prix Sony-Labou-Tansi en 2005, et son essai L’Afrique noire est-elle maudite ?(2010) prolongent un même geste : penser le continent de l’intérieur, sans alibi.
Engagé de longue date dans le développement du village de Sanankoroba, il croyait à une Afrique actrice de son destin. Il s’éteint à Limoges le 30 novembre 2013, laissant une œuvre et des institutions toujours vivantes.

Mopti, rive du Niger · 1972